Agréable surprise ce matin : une collègue m’a apporté le Figaro Magazine de la semaine dernière, piqué sur un vol Long-Courrier. En couverture, une photo de Raymond Depardon et à l’intérieur, un reportage de quelques pages sur l’expo “Villes/Cities/Städte” proposée par la fondation Cartier pour l’art contemporain juqu’au 11 avril au Museum für Fotografie de Berlin.
Depardon y propose 300 images tirées d’un curieux projet initié par la Fondation en 2004 et terminé en 2006 : se rendre pendant 3 jours dans 12 villes du monde et y photographier ce qu’il y voyait, en plus de filmer pendant cinq minutes. Le livre qui a été tiré de de la première partie de ce projet il y a trois ans a d’ailleurs été le premier livre de photo que j’ai acheté. Mon premier coup de foudre, et encore aujourd’hui mon livre de photo préféré.
On est ici loin de l’instant décisif, du reportage étoffé ou de la photo mise en scène. Depardon nous propose des images en apparence toutes simples, le plus souvent des scènes de rue, lumière banale, cadre large qui laisse libre le sujet démbuler dans sa ville. Le regard de Depardon s’arrête ici devant un chien endormi, là devant l’étalage d’un marchand de journaux avant de se tourner vers des passants qui passent sans regarder, absorbés qu’ils sont dans leurs pensées. «D’ordinaire, il faut toujours avoir des raisons de photographier. Je n’ai pas de raison de photographier mais une motivation, une envie, un désir.» Dans ce projet, Depardon dit avoir voulu «réfléchir à son rapport à la ville. Un rapport souvent difficile, d’amour - haine». Solitaire, le photographe de passage se fait le plus discret possible, hésite à s’approcher et surtout tend à rester à sa place, trouver la bonne distance.
Il ne faut pas surtout manquer la descrption du projet, par Depardon lui-même accompagnée de quelques photos sur le site du Figaro.
On peut également voir 174 images du projet sur le site de Magnum. Il suffit de s’inscrire (c’est gratuit) et de fouiller un peu.

Addis Abeba, 2004

Dubai, 2006

Le Caire, 2004
© Raymond Depardon