Depuis que le Lonely Planet a mis la visite des ados excentriques du pont d’Harajuku dans sa liste d’activités à ne pas manquer à Tokyo, les touristes sont plus nombreux que les cosplayeurs le dimanche après-midi. N’empêche qu’il s’agit là d’une introduction fascinante à une sous-culture autrement difficile d’accès. 

Le Cosplay serait une contradiction de l’anglais Costume Playing et consiste à jouer le rôle de personnage (de Manga, de jeu vidéo ou même de musicien). La pratique est courante aux États-Unis et en Europe mais plutôt restreinte à des festivals alors qu’au Japon, les cosplayers occupent plutôt les lieux publics. L’emphase est mise non seulement dans la ressemblance au niveau du costume et du maquillage mais aussi de la pose et de l’attitude. Il faut voir ces jeunes garçons et filles arriver avec leur carry-on, rejoindre leurs amis pour se travestir en se montrant fièrement ses plus récents achats. Ensuite, c’est la scéane de pose avant de reprendre tranquillement le chemin de la maison avant la tombée de la nuit.

Cet été, le pont Jingu-Bashi comptait bon nombre de Kogyaru, ces enfants portant talons hauts, mini jupes et décolletés et prenant des poses sexy pour le plus grand plaisir de la foule de photographes grisonnants. En réaction à cette mode hypersexualisée est toutefois apparue une mode moins dérangeante, celle des Gothic Lolitas. Ces lolitas gothiques n’ont semble-t-il rien à voir avec le mouvement gothique occidental. Ici, c’est surtout une question d’apparence et réfère à l’architecture gothique et à son style rafiné :robes et jupes bouffantes, dentelle, rubans, ombrelle. C’est essentiellement ces adorables poupées que je me suis amusée à photographier.

 

 

© Élise Desaulniers