Les frères Sanchez : Un instant s’il vous plaît
Alors que bon nombre de jeunes photographes s’inscrivent toujours dans la tradition documentaire de Cartier-Bresson, parcourant la ville caméra au cou à la recherche de l’”instant décisif”, les frères Carlos et Jason Sanchez ont choisi de créer cet instant.
Ces lavalois proposent une photographie qui met en scène le réel, des scènes banales souvent tirées de leur vie de banlieue, à l’instant même où ce réel est bouleversé pour entrer dans un monde fantastique, à la frontière du cauchemar. De ces images se dégage une “inquiétante étrangeté”.
L’enfance est une thématique récurrente pour ces artistes qui ont à peine trente ans. Troublante, l’image “Abduction” (enlèvement) montre un homme en noir dans la chambre d’une petite fille qui fuit son regard. Dans ”The baptism” (le baptême), l’eau bénite devient du sang après avoir touché la tête du bébé. Plus légère, l’hilarante “The hurried child” (l’enfant précipité) montre une petite reine de beauté qui ne pense qu’à quitter la scène en courant. Un peu comme si on cherchait à saboter un idéal d’enfance heureuse ou simplement à montrer que derrière les apparences se cache un désir de destruction.
Les frères Sanchez produisent peu. Leur portfolio présente une douzaine d’images réalisées au cours des quatre dernières années. En fait, chaque image est travaillée au détail près, comme au cinéma. Manifestement obsessifs, Carlos et Jason Sanchez disent choisir avec soin chaque accessoire, chaque meuble, chaque couleur et montent leurs décors dans des entrepots.
Préparation de “The Abduction”. Source : Toronto Star

The Abduction © Carlos et Jason Sanchez

The Baptisme © Carlos et Jason Sanchez

The Hurried Child © Carlos et Jason Sanchez
October 19th, 2006 at 11:57 am
Agnostiques et mécréants amis,
Je me permets humblement de rappeler que le baptême est un exorcisme – le « petit exorcisme ». À sa venue au monde, l’enfant est entaché du péché originel transmis par la faute d’Adam à l’ensemble de l’humanité (c’est-à-dire l’orgueil qu’il a eu de manger le fruit de la connaissance). Un enfant mort avant d’être baptisé avant l’âge de raison était condamné à séjourner éternellement dans les limbes espace indéfini entre le Ciel et l’Enfer (les limbes sont une croyance populaire et n’ont jamais été officialisés par l’Église catholique, qui, d’ailleurs les a récemment officiellement exclues du canon).
Le baptême, par l’action purificatrice de l’eau bénite, libère l’âme de l’enfant de ce mal originel et lui donne, en quelque sorte, la possibilité de « vivre avec » le geste d’Adam, et d’assumer son libre-arbitre.
À cet égard, la photo « The Baptism » illustre bien l’exorcisme subit par l’enfant. Je ne vois pas autre chose dans ce sang qui sort de sa tête que le diable expurgé…
December 7th, 2006 at 10:28 am
“Je ne vois pas autre chose dans ce sang qui sort de sa tête que le diable expurgé… ”
Ou alors, peut-être, un bout de sa cervelle qu’il perd ainsi définitivement…
Trop irrationnel pour moi!
Cordialement