Il reste une vingtaine de jours pour profiter de la très belle et très gratuite exposition “Son et vision: L’image photographique et vidéographique dans l’art contemporain au Canada” présentée au Musée des Beaux-Arts de Montréal jusqu’au 22 octobre.

C’est une belle surprise, un beau cadeau que nous a offert le MBA cet été. Fruit d’une collaboration entre les musées des Beaux-arts de Montréal, d’Ottawa et de Toronto, cette expo nous propose une lecture de l’art photographique et vidéographique contemporain au Canada à travers une cinquantaine d’oeuvres importantes d’artistes établis et émergents, de partout au pays. Jeff Wall y côtoie Isabelle Hayeur, Michael Snow et Nicolas Baier. On pourra reprocher à Son et image d’avoir mis de côté certains artistes (comme les frères Sanchez et Janet Cardif par exemple que j’aime bien) ou encore de ne pas laisser une vision claire de la photo canadienne. Pourtant, l’expo ne se prétend pas exhaustive, pas plus qu’encyclopédique. Il s’agit d’un montage à priori sans prétention qui se veut plus ou moins thématique. En fait, et c’est la force de l’expo, c’est surtout un bon prétexte pour juxtaposer des oeuvres contemporaines importantes qui sont malheureusement trop peu montrées au grand public. 

Quelques oeuvres présentées, sélectionnées autour de l’idée de la construction de l’image qui agit un peu comme fil conducteur dans l’expo :

 

Planète de Nicolas Baier.
Dans l’ensemble de son travail récent, et notamment avec Planète, Nicolas Baier nous amène à voir le monde autrement : “Cette image, circulaire et monumentale, nous situe à la surface d’un astre, mais une attention vigilante nous transporte de proche en proche, par un effet de travelling, au-dessus d’une table ronde, aperçue à vol d’oiseau. Le relief de la planète s’éclipse soudainement sous la texture d’une table abîmée”

 

 

Refuge de Isabelle Hayeur
Refuge nous rappelle les banales usines désaffectées. Pourtant, lorsqu’on la regarde de plus près, l’image nous semble étrange. Notre regard est porté vers un centre lumineux qui fait contraste avec la structure symétrique. C’est qu’ici comme dans toute son oeuvre, Isabelle Hayeur a complètement construit l’image à partir de différents fragments. En faisant de la sorte, elle met en relief les failles de notre habitation du monde qui peuvent conduire à d’autres destructions.
 

 

 
Stéréo de Jeff Wall
Une oeuvre bourrée de références à la peinture où l’artiste nous parle d’isolement. Cette image nous rappelle surtout la citation de Wall qui dit que “les choses n’ont pas besoin d’exister vraiment, ou d’avoir existé, pour apparaître dans l’image”.

 
Références: 
Son et Vision au Musée des Beaux-Arts de Montréal jusqu’au 22 octobre
Nicolas Baier : un très, très riche et beau portefolio à explorer
Isabelle Hayeur : une autre artiste que j’aime bien, un autre portefolio à explorer.