Je connais assez peu Christophe Bourguedieu. J’ai son livre Tavastia. Je ne l’ai jamais vu en exposition. Je le googlelise à l’occasion dans l’espoir de voir ses nouveaux clichés, souvent sans résultat. Faut dire qu’il est assez discret et qu’il semble être peu connu en dehors de la France. Pourtant, j’y reviens toujours et je m’y réfère souvent comme une source d’inspiration importante, voire comme un de mes photographes préférés.

Christophe Bourguedieu nous propose une photographie narrative qui emprunte au cinéma, tant au niveau de la rigueur que de la forme. Il dit mettre ses sujets en scène, et derrière une photo qui peu paraître imparfaite, on sent qu’il porte une attention maniaque aux détails, à la lumière. Son regard s’arrête sur des non événements, sur des détails anodins. On a l’impression d’être dans un temps médian, qu’il se passe quelque chose qui nous échappe, hors cadre. Cette impression est accentuée par une faible profondeur de champ devant laquelle se pose souvent le sujet, en plein centre. Ce qu’il nous reste des photos de Christophe Bourguedieu, c’est une ouverture, un climat, un état d’âme, bref, de l’invisible.

 


© Christophe Bourguedieu