La douche avant le bain : Adeline Keil
Je suis un peu jalouse d’Adeline Keil. Elle est toute jeune (27 ans), son travail a déjà été reconnu et récompensé (Prix européen de la Fnac en 2004), elle est mignone. Mais surtout, elle propose une photo toute sobre et personnelle, qui suggère plus qu’elle ne montre, autours de thèmes que je voudrais être les miens : l’intimité, les frontières, le souvenir. On la sent toute près du sujet mais en même temps, oubliée. On sent son travail lent, comme si elle laissait la lumière et les émotion faire leur trace sur la pellicule plutôt que de forcer le cliché.
Quelques jours avant de partir pour Sarajevo il y a deux ans, je suis tombée sur sa série réalisée au Holga en ex-Yougoslavie, En quête de territoires. Elle a choisi d’y traiter des frontières à la fois physiques et symboliques qui séparent encore ces territoires et leurs habitants, des années après la fin du conflit.
Plus récemment, en préparant vaguement un travail sur la nordicité, j’ai découvert ses images plus récentes, Klór og Form, Chlore aux formes, capturées dans un vestiaire de piscne à Reykjavík. Après s’être intéressée aux frontières des balkans, elle nous amène ici dans les cloisons d’une piscine et réfléchit sur les codes sociaux.


© Adeline Keil